ECONOMIE

Relance du tourisme : une étude de cas sur Tahiti

Une étude menée par l’Université de la Polynésie et celle du Québec, « Diagnostic touristique de la Polynésie française », a été présentée aux professionnels du tourisme, avec des conseils et recommandations pour établir une stratégie de relance et de développement, même en pleine pandémie mondiale.

Diagnostic

Le travail de diagnostic, entamé en avril 2019, quand le secteur touristique était au mieux de sa forme, s’est achevé en pleine crise du Covid-19, où des hôtels venaient de fermer, et la plupart des connexions aériennes suspendues. Les îles comme Tahiti en étaient fortement impactées, doublement dépendantes du tourisme et du transport aérien.

Le diagnostic prévoit une diminution moyenne de 70% du nombre de visiteurs pour la Polynésie. Pour ces deux universités, le scénario le plus probable est une reprise en trois étapes :

  1. Depuis juillet 2020 et jusqu’à la disponibilité/distribution d’un vaccin, conservation du « tourisme d’obstinés », ceux qui ont pris l’avion dès que ça leur était autorisé, principalement dans le but de s’éloigner de la crise dans leurs pays d’origine.
  2. De la mi-2021 jusqu’à 2024 : reprise touristique avec adaptation au nouveau profil des visiteurs :
  • Les premiers touristes à revenir seront les visiteurs métropolitains, traditionnellement le marché de rebond, le plus stable et solide, suivi par les américains, à reconquérir. Les marchés européens et canadiens seront essentiels pour diversifier le profil des touristes. Les réservations à la dernière minute et sur internet vont devenir la norme, il faudra donc que les opérateurs et les agences de voyage s’y adaptent.
  • La crise a un effet psychologique très fort sur les touristes, avec un effet de repli sur soi et de recherche de sécurité. Ainsi il faut s’attendre à ce que la popularité de la location saisonnière, du type AirBnB, s’accélère, ainsi que les pensions de famille, notamment dans les régions relativement épargnées par la pandémie. Tahiti présente 11.700 cas de Covid-19, avec 53 décès, la population de la Polynésie Française étant de 299.400.

Cette étude note également deux autres conséquences visibles de la crise. D’abord un repli identitaire, que l’on constate dans le monde entier. Le secteur du tourisme est blâmé pour le retour de l’épidémie. Peut-être que cette attitude laissera des séquelles de long terme et que l’attitude positive envers le tourisme deviendra désormais teinté de doute.

L’autre conséquence sera la grave crise économique provoquée par la pandémie. De nombreuses entreprises locales et internationales sont en difficulté et certaines ont même fermé. Des rachats massifs, voire des faillites, peuvent subvenir dans les années qui viennent, ce qui diminuera les acteurs et la concurrence. C’est déjà observé dans la chute au niveau mondial du secteur du transport aérien et de l’hôtellerie.

Solutions : les promotions locales

L’étude propose de recentrer la communication internationale sur l’aspect « carte postale » de Tahiti, sa nature et ses paysages, sur une vision très « locale », avec une identification des hotspots voisins à fort potentiel touristique. La culture locale est plus facile à expliquer aux touristes une fois sur place plutôt que dans les publicités axées sur le marketing pays, en vogue avant la crise. Cette solution deviendrait alors l’un des principaux arguments pour inciter les visiteurs à revenir, ce qu’ils ne font que très rarement pour l’instant. Elle pourrait représenter ainsi un futur potentiel de croissance pour le tourisme.

De nouveaux produits touristiques à fort potentiel pourraient parallèlement être développés, comme le tourisme d’affaires, le tourisme culinaire, mais également les conférences, les séminaires d’entreprises si les conditions sanitaires les permettent.

Ceci implique des changements plus techniques chez les professionnels, comme une nouvelle segmentation marketing des touristes et une communication spécifique à chaque segment, la création d’associations de promotion et de gestion du tourisme, qui se compléteront par des alliances de communications et de promotions. A l’exemple, en France, de la promotion internationale du domaine skiable commun des « 3 Vallées » dans les Alpes, appuyée par des associations de professionnels, et qui ramène indirectement des touristes à des domaines skiables voisins : Val Thorens, Méribel, les Menuires, Courchevel, …

Ceci est une tendance mondiale, observée depuis de nombreuses années, favorisant la répartition des flux, qui est un enjeu important pour l’environnement, tout en développant les synergies et permettant à chaque acteur du secteur de « jouer la carte locale ».

LMR

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