ECONOMIE

Madagascar : le patchouli, un autre or vert méconnu

Le patchouli, une plante en arbuste qui pousse en Asie du Sud-Est et à Madagascar, est l’une des matières premières préférées des grands parfumeurs. En tête des demandeurs, la maison Guerlain, âgée de plus de 150 ans et forte de 599 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019, en utilise secrètement depuis sa création. 90% de la production mondiale d’huile essentielle de patchouli proviennent de l’Indonésie. La Chine, l’Inde, les Philippines et la Malaisie et Madagascar se partagent la part de marché restante. Immersion sur cet or vert méconnu, éclipsé par la vanille.

Le patchouli, parmi les plantes secrètes de Guerlain

Un jour de 1828, Pierre-François-Pascal Guerlain, parfumeur et chimiste, ouvrait sa première boutique rue de Rivoli, à Paris. En 1817, Pierre Guerlain annonçait à ses parents son rêve de devenir parfumeur à Paris. Ce génie passionné se faisait embaucher par la maison Briard, puis par Dissey et Piver, tout en poursuivant ses études de médecin-chimiste. 1828 marque le début de son ascension par son installation à Paris, son rêve de toujours. Guerlain avait à cette époque comme clients les têtes couronnées de l’Europe comme le Prince des Galles, la Reine de Belgique ou la Duchesse de Berry, mais également des artistes célèbres comme Honoré de Balzac.

Plusieurs génération de Guerlain s’étaient succédées à la tête de la maison jusqu’à son rachat par le groupe LVMH, numéro un mondial du luxe, en 1994. Pierre Guerlain a laissé en héritage sa passion et sa connaissance secrète des plantes, notamment celles d’Orient, les seules qui possèdent un intérêt à son âme de parfumeur, et dont le patchouli est l’une des plus importantes. Guerlain est derrière les plus recherchées des marques de parfum comme L’Ondée, l’Heure Bleue, ou Mitsouko. Son célèbre Shalimar né en 1921, utilise un fort taux de patchouli dans sa composition, comme dans Miss Dior (du groupe LVMH), Chanel N°5, ou encore « Y » de Yves Saint-Laurent (du groupe Kering, anciennement Pinault-Printemps-Redoute).

Production mondiale de patchouli, les possibilités à Madagascar

Production mondiale d’huiles essentielles en 2018 en tonne

Depuis, pratiquement tous les grands parfumeurs utilisent des plantes exotiques, de préférence orientales, dans leurs compositions de leurs produits. Le marché s’est développé suivant leur demande annuelle, et le patchouli en huile essentielle a intégré le top 10 des huiles essentielles les plus recherchées dans le monde. La production mondiale actuelle vient d’atteindre 1.600 tonnes cette année contre 1.000 à 1.100 tonnes auparavant, sur laquelle l’Indonésie s’arroge 90% de part de marché. Cette plante pousse pourtant dans d’autres pays qui ont un climat similaire comme la Chine, l’Inde, les Philippines et la Malaisie et Madagascar qui se partagent les 10% de production mondiale.

A Madagascar, la production de patchouli a fait l’objet de plusieurs études depuis 1930 par plusieurs concessions agricoles. La Grande Île en produit sous forme d’huile essentielle vendue à une moyenne de 10 euros à 14 euros le flacon de 10ml sur le marché international. Très peu connaissent la possibilité et les conditions de production de cette plante sous forme d’arbuste.

Des études menées dans les années 1990 ont apporté des précisions à ce sujet. Le patchouli pousse sous plusieurs conditions : climat chaud et humide nécessaire avec sarclage au moment de pousse, récolte annuelle en saison de pluie après transplantation préalable en début d’hiver, maturation atteinte avec une feuille mesurant entre 6cm et 8cm, croissance seulement possible à Madagascar sous l’ombre d’autres arbres, idéalement sous le cacaoyer et le caféier fournissant une terre organiquement enrichie par la chute de leurs feuilles. Le cacaoyer et le caféier ne poussent eux-mêmes que sous l’ombre d’arbres plus grands comme l’albizzia. La feuille de patchouli sera séché à l’air libre et à l’ombre puis le procédé d’extraction de son huile et son conditionnement peuvent commencer.

Le patchouli peut pousser dans plusieurs région de Madagascar comme à Fianarantsoa et le Sud-Est, le Nord-Est et l’Est, mais idéalement dans le Nord-Ouest comme Ambanja où le cacaoyer est très présent mais la production y reste anecdotique car destinée généralement à la demande public d’huile essentielle.

1 comment on “Madagascar : le patchouli, un autre or vert méconnu

  1. Ping : Veille du 16 Octobre 2020 – Veille Informationnelle et concurrentielle EDBM

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :