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Madagascar : la Société Générale attend le feu vert pour Yup

Madagascar est la nouvelle frontière de la Société Générale en mobile money. Son offre dénommée YUP, lancée en 2017, compte actuellement 1,4 million de clients dans six pays d’Afrique de l’Ouest. La Société Générale attend désormais l’approbation de cette offre par les régulateurs à Madagascar. Frédéric Oudéa, Dg du groupe Société Générale, en a parlé dans un entretien sur Africa Report au siège de la banque à La Défense, Paris.

« Le plan permettrait à la banque de travailler avec les entreprises malgaches en leur fournissant un système de transaction sécurisé. Les avantages du mobile money l’emportent sur les risques et aideront à promouvoir l’inclusion financière dans le pays. Les systèmes de paiement sécurisés sont nécessaires et ceux-ci aideront les entreprises à accroître leur taille. Ces systèmes réduisent le coût d’investissement et les coûts de transactions pour les entreprises », a déclaré Frédéric Oudéa.

En effet, selon un rapport de la Banque mondiale d’octobre 2019, la part de la population malgache ayant accès aux comptes d’épargne bancaires et comptes mobiles reste faible par rapport à la moyenne régionale, mais a augmenté ces dernières années pour atteindre respectivement 11% et 7% en 2018. L’accès à Internet est limité et les frais de connexion élevés restent des obstacles à l’inclusion financière. 65,9% des malgaches ne sont toujours pas connectés à un réseau mobile, selon la Banque mondiale, alors que la population du pays en âge de travailler augmente actuellement de plus de 7% par an.

« La démographie soutient la croissance. Très peu de banques ont une telle présence africaine. Nous pouvons faire la différence », a conclu Frédéric Oudéa.

Le contexte à Madagascar

Anne-Elisabeth Costafrolaz, consultante à la banque Mondiale, a expliqué le contexte du mobile money à Madagascar :

« Le mobile money est la prochaine étape logique des efforts de numérisation de la Société Générale. La plupart des banques commerciales à Madagascar fournissent déjà des services numériques à leurs clients et travaillent avec les opérateurs mobile. La majorité de la population de Madagascar est plus à l’aise avec les billets de banque qu’avec la transaction virtuelle, et les niveaux de littératie financière et numérique sont plutôt faibles. De plus, la couverture des services mobiles est encore incomplète. A Madagascar, les banques facturent cher des frais de tenue de comptes. Elles sont regroupées dans les zones urbaines et les conditions d’ouverture d’un compte présentent également un obstacle. Dans un tel contexte, le mobile money offre une alternative aux personnes non bancarisées pour recevoir et envoyer de l’argent plus facilement et en toute sécurité », a expliqué Anne-Elisabeth Costafrolaz.

« Le mobile money a un immense potentiel pour favoriser l’inclusion financière, en particulier parmi les groupes les plus vulnérables. Il ouvre des opportunités d’accès aux services financiers, tels que le crédit pour démarrer ou développer une entreprise, ainsi que l’assurance. Il augmente également l’indépendance financière des femmes. Je ne considère pas le faible taux d’électrification de Madagascar comme un obstacle. Les gens trouvent généralement un moyen de recharger régulièrement leur téléphone, même s’ils doivent payer ». a-t-elle conclu.

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