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Madagascar – Adema : l’enjeu des aérodromes secondaires

L’Adema (Aéroports de Madagascar), en charge de la gestion des aéroports et aérodromes secondaires de la Grande Île, s’attelle à la relance effective des 44 petits aérodromes des régions. Il a présélectionné sept sociétés privées de droit malgache pour la gestion de huit aérodromes tout en appliquant depuis le 10 janvier 2020 la recette pour le bon fonctionnement des aérodromes (RBFA), recette en étude depuis des années. L’enjeu réel de cette relance se repose sur la connectivité aérienne à l’intérieur de Madagascar et le désenclavement économique de plusieurs régions.

La RBFA était en étude depuis que l’Adema a pris en charge la gestion effective des 44 aérodromes régionaux, dits secondaires de par leur taille. Cette recette est pourtant capitale pour la gestion et l’entretien de ces aérodromes, étant la seule source de revenus de ces infrastructures depuis le désengagement progressif de l’Etat et la création de son délégataire qui est l’Adema. Ces infrastructures étaient pour la plupart en situation d’interdiction de recevoir des vols en raison de leur état physique délabré et du manque de personnel qualifié sur les sites, souvent éloignés des villes. Ainsi, depuis le 10 janvier 2020, la RBFA est appliquée et sera perçue suivant le nombre de vols reçus par chaque aérodrome.

Les pôles de dessertes prioritaires de l’Adema (image : AfricaExclusive)

L’enjeu est économique sachant que ces régions souvent enclavées regorgent de ressources et de produits à acheminer vers les villes. C’est par ailleurs pour cette raison que l’Adema a effectué une série d’appel à manifestation d’intérêts pour ces aérodromes depuis 2018. Sept sociétés ont été présélectionnées, dont la plupart ont déjà travaillé sur ces sites avec Adema, pour huit aérodromes : Antalaha pour Harold Aéroport, Vohémar pour Floribis, Mananara-Nord pour groupe Spice Oil, Analalava et Manakara pour le groupe Filatex, Antsirabe pour la société SEAVA Sart- Consortium CCIV, Maintirano pour le groupe NERA BTP et Morombe pour la société Aéro Sud-ouest. Cette liste est sous réserve d’une offre définitive attendue de chaque entité ayant répondu à l’appel à manifestation d’intérêts.

Il faut savoir que ces opérateurs étaient pour la majorité demandeurs d’ouverture de lignes dans ces zones reculées, en raison de la recherche de gain de temps et de sécurité dans leurs opérations de fret et logistiques répétitives. Ils sont généralement présents dans l’exportation de produits locaux, mais également dans des secteurs nécessitant la logistique aérienne. Ce qui explique leur besoin de posséder des infrastructures aéroportuaires répondant à leurs opérations. Plusieurs opérateurs hôteliers régionaux ont également exprimé leurs besoins liés à la réouverture de ces aérodromes, notamment ceux qui sont situés dans des sites touristiques isolés.

L’Adema espère que ces premières attributions vont en ramener d’autres, et, par émulation, attirer des compagnies aériennes privées à opérer sur ces lignes intérieures, à l’instar de ce qui s’est fait sur Antananarivo – Fianarantsoa – Mananjary avec GS Airlines (GS Aviation – Sipromad). Tsaradia, filiale sur les vols domestiques d’Air Madagascar, pourrait également profiter de l’ouverture progressive de ces aérodromes secondaires, où la compagnie nationale malgache était le seul opérateur historique à y avoir opéré.

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