LIFE

Anthony le fils malgache, le combat d’Adesina, président de la BAD

La scène se passait dans le Bas Mangoky, à Madagascar, le 02 août 2016 : « Mon regard s’était figé sur l’un des enfants qui accouraient à ma descente d’hélicoptère. Il était à ce point petit de taille que j’étais persuadé qu’il ne pouvait pas avoir plus de 5 ans, raconte Adesina. Je lui ai demandé son nom. Il m’a répondu Anthony. Sa voix n’était pas celle d’un enfant de 5 ans. Il m’a révélé avoir 11 ans. J’étais stupéfait. Il souffrait d’une malnutrition sévère ».

Akinwumi Adesina, président de la Banque Africaine de Développement (BAD), a révélé sur le site de la banque l’encensement du continent et l’humanité qui habite cet africain plus que convaincu. Apporter 48 milliards de dollars aux pays africains les moins avancés, à faibles taux de revenus, ne suffit pas à Adesina. Dans son combat personnel contre la pauvreté, il lui fallait une attache par le cœur, car il pouvait dire qu’il a vu la pauvreté, les yeux dans les yeux.

Aussi, en cet hiver rude de 2016 en pleine tournée dans la région du Bas Mangoky, à Madagascar, Akinwumi Adesina a partagé avec sa femme Grace et son fils Rotimi, médecin aux Etats-Unis, son souhait d’adopter Anthony, qui incarnait et symbolisait pour lui son combat mené sur tous les fronts, sur toute l’Afrique, contre la pauvreté et la fragilité économique. Sa femme ayant donné son accord, Adesina s’est attelé à discuter avec les parents d’Anthony, qui ont approuvé sa démarche, Anthony ayant lui-même accepté, et ensuite de se soumettre aux procédures administratives d’adoption nécessaires sur la Grande Île, où l’administration malgache chargé de l’Intérieur a donné son accord final.

Revenu à Antananarivo le 02 juillet 2019 pour la deuxième réunion du Fonds Africains de Développement (15ème FAD), devant le président malgache Andry Rajoelina et les membres du gouvernement malgache, et les plénipotentiaires et les membres du conseil d’administration de la BAD, a tenu un discours poignant sur son combat contre la pauvreté, mené à travers la BAD, et de son attachement personnel à Madagascar :

« En arrivant en 2016 dans le village de Bas Mangoky, nous avons été accueillis par plusieurs enfants très enthousiastes attirés par le bruit de l’hélicoptère, nous avons atterri sur un terrain poussiéreux. Mon regard s’est figé sur un d’entre eux qui courrait vers moi… Il était si petit que j’étais persuadé que son âge ne pouvait dépasser 5 ans. Je lui ai demandé son nom. Il m’a dit qu’il s’appelait Anthony. Mais sa voix n’était pas celle d’un enfant de 5 ans. Il m’a dit qu’il avait 11 ans. J’étais stupéfait : il souffrait d’une malnutrition sévère. Anthony a dit que son rêve était de devenir médecin. Ce qui serait impossible avec sa malnutrition sévère ».

Discours intégral d’Akinwumi Adesina, président de la BAD à Madagascar en juillet 2019

« Pour le FAD-15, nous mettrons l’accent sur les voies et moyens de remédier à la fragilité. Et il n’y pas meilleur endroit pour en discuter que Madagascar, qui a connu par le passé et connait encore aujourd’hui une situation de fragilité. Le pays sait ce qu’est la fragilité. La fragilité ne doit pas être perçue comme un état définitif. Des nations pourraient connaitre une situation de fragilité, mais peuvent en sortir et devenir stables, dynamiques, prospères et résilientes aux chocs néfastes… Nous sommes fiers du rôle que le FAD a joué ici même à Madagascar. S’il y a un pays qui a connu une fragilité persistante, c’est bien Madagascar. Pourtant, sa population reste résiliente. Perturbée de toutes parts, oui, mais sans tomber dans la détresse. Nombre de fois à terre, mais jamais vaincue… Au plus fort de la crise politique, tous les donateurs ont quitté le pays, sauf un. Cette institution c’est nous : le Groupe de la Banque Africaine de Développement. Nous étions présents et nous le serons toujours… »

Depuis, Anthony a grandi. Lui et sa famille ont pu rencontrer de nouveau Adesina, le père adoptif venu du Nigéria. Le garçon se porte bien et poursuit son cursus scolaire. Le président de la BAD, tout sourire et ému, n’a pas caché sa joie de l’avoir revu.

Et depuis, la région natale d’Anthony témoigne également de sa résilience, avec 6.500 hectares de rizières irriguées grâce à l’aide aux fonds débloqués par la BAD. Entre 2016 et 2019, le Bas Mangoky a triplé son rendement de 2 tonnes à 6 tonnes par hectare. Les revenus agricoles locaux ont connu sur la même période une croissance de 141%.

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